Liberté?

Je veux

Plus de chair sous les dents
Lèvres pulpeuses et lisses

Tracer
Plus de chemins croisés
Trajectoires inconnues
D’hier et demain

Déchirer
Ces voiles blanches
Saisir le gouvernail et me plonger dans l’encre
Fondre le moule
Déstructurer l’éveil
L’engluer à mes yeux

Je crève dans ce sable qui m’enlise

Je veux vivre sans attaches
Gorge-moi du plein, du rien

Je veux m’alourdir d’émotion
M’alléger de promesses

Je veux sculpter un vide à remplir
Un dédale d’existences

Suis-je libre de manger de tous les jardins
Ou prisonnière des fantômes de mes vies ?
Puis-je tisser la toile flottante
Sans caresse
Sans le toucher de ta main ?

Vulnérabilité aseptisée

Ton regard me souille
Je me couvre les yeux
Remplir
Masquer
Sta-bi-li-ser

Ne rien laisser s’échapper

Sens-tu la force sûre de ma main
Ce poing de béton
Cette fausse assurance

Je suis libre
Je mens
Je joue ma meilleure carte
Je veux m’inventer une infinité de scénarios
D’identités
Sur-réelles

Boîte noire, projection technicolor
Rien ne me brise
Derrière la caméra
Rien ne me brise
Le désir seul existe

Libre de toi

Facile

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Le sol craque sous mes pas
Brindilles cèdent
Entre tes doigts
Et l’amour est facile, facile

Le vent fait danser
Le voile à la fenêtre
Ma montre est déréglée
Et tes mots sont faciles, faciles

Le poids de mon corps
Creuse le matelas
Je vomis ma tristesse
Et tu me quittes facile, facile

Le temps s’effondre
Et mon ventre s’écrase
Au son de tes pas
Et c’est facile, facile

Si Facile

De m’effriter
Entre tes doigts

Tic et Toc

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Les vitres sont froides
Froides
Contre mon front

Et grattent
Et grattent
Les secondes
Sur ma peau

Et ton silence m’écrase

J’attends l’attaque
Comme une chienne affamée
J’attends la bombe
Le coup d’envoi
Je te course d’avance

Et tic
Et toc

Moi, j’attends la tempête

Et tic

Toc

Je ne veux pas de toi…

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Je ne veux pas de toi
Les vents me poussent à naviguer des eaux glacées
Et je ne veux pas voir
La profondeur que cache
La danse déchaînée des vagues
Je garde le front haut, les yeux rivés vers les nuages
Les pupilles grand ouvertes
Les larmes brouillent mes repères
Et c’est facile d’ignorer les monstres sous-marins

Je ne veux pas de toi
Je préfère rentrer seule au creux de la nuit
Accrocher des notes de musique sur le rideau de fumée
Cigarette sur cigarette
J’essuie ton baiser de mes lèvres
Je te tourne le dos
Je marche, funambule
Le tout est de garder le cap
Ne pas s’attarder sur toi
Sur ton visage, tes mains, tes caresses
Me rhabiller sans un mot
Et fermer la porte doucement derrière moi

Je ne veux pas de toi
Je m’enivre d’étincelles et de frémissements
Mais que ce soit toi ou un autre
Que ce soit moi ou une autre
Une étreinte sans retour

Je ne veux pas de toi
Tu peux me quitter et m’oublier
Tu peux me mépriser ou me détester
Je ne veux pas de toi

Ne lis pas dans mes lignes l’empreinte de ton corps
Sur le mien
Car ma peau ne se souvient de rien
Et mon cœur endormi t’oubliera bien vite

Je ne veux pas de lui
Je ne veux pas de toi

Laisse moi
Je n’ai pas de place dans mon paradis perdu
Et mes fantômes me tiennent compagnie
Ne te fais pas d’idées
Car je ne veux pas de toi

Je ne veux pas de toi

Merde.

Féminine

Tu fermes les yeux. Tu croises les mains.
N’oublie pas, une femme, ça croise les jambes dans le métro
Mais ça les ouvre au lit, aux toilettes ou au bureau.
Sois belle, sois fine.
Tu fermes les yeux et tu croises les mains.
Et surtout n’oublie pas de sourire
Avec grâce, avec classe
Discrète, élégante, car rigoler c’est vulgaire,
Et enfin, ma pauv fille, tu ne veux pas être vulgaire
N’est-ce pas ?
Tu fermes les yeux. Tu croises les mains.
Ouvre les yeux enfin !
Tu peux penser ce que tu veux, ce n’est pas le pays des merveilles
Et tu sais au fond que c’est la tune qu’il faut chercher
Avec des airs d’amoureuses, des airs d’innocentes
La prostitution maritale.
Sois attirante, gentille et réconfortante
Car un homme c’est fragile
Et tu dois le porter.
Un mannequin maman, éternelle jeunesse.
Tu fermes les yeux. Tu croises les mains.
Quel âge as-tu ? 18 ?
Fais attention aux réseaux, aux rumeurs, aux regards
Si cette photo se retrouve sur internet, tu ne seras jamais mère.
Et enfin, à quoi tu t’attendais ?
Un gilet rouge dans le métro, ça les appelle
C’est limite afficher pute sur ton front !
Tu fermes les yeux. Tu croises les mains.
Arrête de pleurer, tu en fais tout un tas
Ce n’est pas si grave que ça !
Prends ça comme un compliment, ils te trouvent attirante
C’est pour ça qu’il te l’ont donné, qu’il t’ont claquée, claxonée , sifflée.
D’ailleurs, pourquoi ne te maquilles-tu pas plus souvent ?
Tu es tellement plus belle avec un peu de mascara…
Et enfin, les poils, c’est dégueu !
Enfin, chacun fait comme il veut, mais moi, perso, je peux pas.
C’est pas hygiénique tout ça.
On n’est pas des animaux.
Mais bon, s’il aime, on le fera doggy style.
N’oublie pas, c’est trois semaines avant de baiser
Pardon, une fille ça dit faire l’amour.
Tu fermes les yeux. Tu croises les mains.
Serre les dents si ça fait mal et soupire
Imite ces stars pornos qui ornent son imaginaire
Lady at day and slut in bed
Il y a pire, et au moins tu l’auras en laisse.
Tu fermes les yeux, tu croises les mains.
Fais plus de sport.
La seule manière d’assumer un poids pareil c’est d’être sculptée comme Beyoncé.
Et parle moins,
Les hommes n’aiment pas les grandes gueules
Tu fermes les yeux. Tu croises les mains.
Regarde, la pauvre, à 50 ans c’est déjà fini
Et elle n’est pas mariée.
Tu vois ça ? ça c’est quelqu’un qui a laissé filé sa vie
Tu fermes les yeux, tu croises les mains.
Laissent les mots te conquérir
Et manger le rire en toi.
Sois fière,
Car tu es devenue une femme,
Une femme féminine.