Rain

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And the rain will wash away the tears from my eyes
Wash away the dreamy nights
Spent listening to blues and chain smoking cigarettes
Leaving in the early morning a cold taste of regret

And the rain will pour down from the grey skies
Make me forget the face of the sun
Numbing the tip of my fingers
Stretched, as if to reach for something heavier than myself
In this existence too light to be felt
Like spiders’ webs, wavering as the wind kisses them
Softly

And the rain will soak every inch of my skin
Dipping reality in an ocean of oblivion
Rounding up the edges of my colourless photographs
Taking my form and expanding it
Limitless

I will keep on walking as long as the rain falls down from the stars
I will call on your names
Listening to the sound waves hit the space around me
My vocal chords, creating an apocalypse of beats
Your name, three syllables, hitting the drops of rain

There is salvation in the uncorrupted emptiness
There is forgiveness in the untouched silence
And as the rain hits me over and over, hard
Still
Give me oblivion
And the rain will wash away the tears from my eyes.

Kosaburo, 1945 – critique

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En lisant ce livre, je me suis rappelée de ce que m’a dit un jour un ami japonais: la tragédie de son peuple est celle d’avoir perdu son essence après la guerre ; un noyau de feu destructeur, certes, mais illuminant le cœur de la société japonaise. Je n’ai pu que mieux le comprendre après avoir lu ce petit bijou qu’est Kosaburo,1945 de Nicole Roland.

Ce livre retrace le destin de deux amants, Kosaburo et Mitsuko, qui s’engagent dans l’aviation japonaise en 1945 afin de mener à bien leur mission de kamikaze, qui est celle d’invoquer les dieux du vent, les typhons, afin de détruire l’ennemi américain.

C’est la poésie du texte qui m’a frappée, dès les premières phrases, où le narrateur évoque les ancêtres du petit Kosaburo, supposés venir hanter la maison familiale durant la pleine lune : « il ne fallait surtout pas regarder la lune, de peur d’être englouti dans son eau glacée ». Cette phrase introduit déjà tous les thèmes abordés dans l’œuvre, agissant en tant que préfiguration. Ici, la lune représente à la fois les cieux et la porte donnant au monde des morts, aux ancêtres. Et c’est justement dans ces cieux que le contact avec les flots se fait, car tout comme un envoyé du vent divin, c’est en atteignant la lune qu’on est « englouti dans son eau », avalé par le creux de la vague. L’aspect morbide de la chose est souligné par l’adjectif « glacé », préfigurant une mort entre ciel et mer, la fin du futur kamikaze.

Cependant, la description des sentiments est parfois un peu lourde, car trop explicite. Ce sont dans les moments de vague incertitude et de doute que le texte est fort, utilisant analepses et métaphores pour faire parvenir un éventail d’émotions contradictoires et déchirantes au lecteur.

C’est cette poésie légère, fortement inspirée de la pensée japonaise contemplative, qui porte cette œuvre. Le lecteur parvient, grâce à elle, à ressentir le déchirement éprouvé par Mistuko entre la légère facilité de la mort et la précieuse beauté de la vie. On est entraîné dans cette fascination morbide et les mots du Bushido, lus et relus comme des incantations, donnent chair à ce fanatisme basé sur l’honneur, le devoir, la discipline et l’abandon spirituels. C’est une œuvre qui rend hommage à cette « jeunesse fracassée, recueillie dans les plis du temps », qui nous rappelle cruellement le taux de suicide adolescent et le manque grandissant d’engagement politique, social et spirituel de la jeunesse d’aujourd’hui, du Japon ou d’ailleurs. Ce manque d’essence brûlante, pour reprendre les mots de cet ami.

Kosaburo, 1945 est une œuvre qui touche le cœur et l’enflamme de par son propos fort et dérangeant ainsi que sa brièveté. Chaque mot est fort et le livre ne souffre d’aucune longueur, transmettant cette soif ardente de vivre pour mourir avec gloire.

Mais derrière cet apparent éloge du sacrifice, ce qui me paraît encore plus important est la subtile condamnation des autorités militaires utilisant la jeunesse comme bouclier humain. Cette suspicion de Mitsuko devient certitude au moment de l’annonce de la capitulation du Japon par l’empereur, forcé de se révéler humain face à ses sujets. Ainsi se révèle la portée plus profonde de cette œuvre, qui est d’accuser les leaders fanatiques qui manipulent les jeunes masses afin de servir leurs visées politiques, sans jamais être prêts à réaliser le même sacrifice. Ces kamikazes se font distants échos du conflit israélo-palestinien, de la radicalisation non seulement de l’Islam mais de nos populations européennes face à un monde globalisé pris dans un tourbillon de progrès technologique infernal.

En conclusion, Kosaburo,1945 est un livre à lire, à relire. Car s’il y a un message derrière ce récit de kamikazes suicidaires, c’est que la vie est plus forte que la mort, telle le phénix de Kosaburo, renaissant de ses cendres.

Citations préférées :

  • Je pars vers une tombe solitaire, au-delà de la mer.
  • Nous avions vingt ans, nous avions mille ans et sur notre cœur palpitait l’éclat d’une armure invisible.
  • Vent divin. Soufflant sur les braises d’un people exsangue dont il espérait ranimer le courage.
  • Lui aussi aurait voulu courir dans la poussière dorée des chemins, s’emplir les poumons d’air léger, crier devant la beauté du monde, car n’était-ce pas une feuille de palmier qui faisait trembler la lumière devant lui?
  • La mort, perdre tout cela, la douceur de la nuit, la grâce d’un matin, la beauté du monde qui s’arrête pour toujours.
  • Ses mains fines qui, lorsqu’elle parlait, voletaient autour d’elle comme de précieux colibris.

Look at me, Mother

Look at me Mother
Don’t slide your eyes away from me
Don’t try to laugh it off
Don’t laugh me off

Look at me Mother
Don’t tell me you need to think about it
This is not a question of thinking
It is not an essay topic which requires a strategy
A structured argumentation you know your ways around
This is you looking at me
The real me
Not the debater
Nor the funny kid

Look at me Mother
The years have drawn the wrinkles in the palms of my hands
Can you see this skin sculpted by the flow of sweat and tears

Look at me Mother
See the eyes of a child who fought too hard
My arms carrying years of heavy nightmares

Look at me Mother
Look at this body beaten down by shame and dirty secrets
These hands that curled up in fists under the bed sheets
Scared of the touch

Look at me Mother
Tell me if your heart can weigh my hurt
Tell me if your love for me still expands as each second ticks
Tell me that your sea will not leave my desert to dry
Tell me that these stars are not dead as they still shine tonight

Look at me Mother
I am tired of living in the shadows
I am ready for the sun to remind me how it feels like to burn
For the ocean’s waves to hit me in the face
And remind me that I was meant to breathe

Look at me Mother
You have always been my rock, my shore
You, who have taught me to love
Don’t tell me you can’t love me

Look at me Mother
Please help me, cause I can’t come out as these written words do
Please hold my hand as I break down my pretty prison walls
Please pick up the pieces of me scattered on the floor

Look at me Mother
As I’m trying to make you see what I can’t bring myself to tell you
As I’m trying to tell you that your little girl
Also loves women