“Le voyage de Chihiro” – review

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«  Le voyage de Chihiro » est incontestablement l’un des films d’animations les plus rentables et les plus populaires de l’histoire du cinéma. Cet « anime », comme le disent les Japonais, est le film le plus rentable qu’ait produit le Japon, rapportant 2 milliards de Yen grâce aux 23 millions d’entrées vendues, battant tous les records. Remportant l’Oscar du meilleur film d’animation en 2003 ainsi que l’Ours d’or du meilleur film à Berlin en 2002, cet anime est resté gravé dans les mémoires, encensé par la critique internationale.

Il raconte l’histoire d’une petite fille de dix ans, Chihiro, qui s’égare avec ses parents dans une ville déserte lors de leur déménagement. Les parents sont transformés en cochons après avoir mangé des plats qui ne leur étaient pas destinés et Chihiro est condamnée à travailler pour la sorcière Yubaba au Palais des Bains, où elle doit nettoyer les dieux. Son nom lui est dérobé et elle ne s’appelle plus que Sen. Durant le film, elle va tenter de retrouver ses parents avec l’aide de son ami Haku, lui aussi prisonnier du pouvoir de Yubaba.

Ce film marque pour beaucoup l’apogée de son créateur, Hayao Miyasaki. En effet, les paysages, le trait du dessin et la vivacité des couleurs donnent vie à une imagination extravagante, captivant par la même occasion un public de tout âge. Plus de dix ans après sa sortie, le film génère autant de succès parmi les cinéphiles et porte un véritable impact en ce début de siècle.

En effet, les thèmes principaux abordés dans l’œuvre de Miyasaki ont à la fois une portée existentielle et contemporaine. D’une part, il existe une véritable réflexion à propos de la société moderne, des dangers du capitalisme ainsi que de l’importance de la protection de l’environnement. D’autre part, « Le voyage de Chihiro » est un récit du passage à l’âge adulte et de l’articulation d’une identité, à la fois changeante et permanente.

Premièrement, ce film met en opposition la société moderne et sa culture capitaliste avec la tradition japonaise d’antan.

C’est d’abord la gloutonnerie économique des années 90 au Japon qui est pointée du doigt, dès le début du film. Cela commence par l’apparition d’un parc d’attraction abandonné, signe d’un âge d’excès et de luxe ayant sombré dans le chaos et la crise économique. Ensuite, les parents de Chihiro, persuadés de pouvoir régler leur facture avec leur carte de crédit ne résistent pas à la tentation de dévorer des plats qui ne leur sont pas même proposés. Ils sont transformés en cochon, signe ultime de leur gloutonnerie décadente et de leur manque de politesse. Ici, Miyasaki veut manifestement montrer que l’argent permet à présent toute impolitesse et demeure l’unique valeur morale de la société nipponne. Cette perte de culture au profit de l’argent est un thème récurrent de l’œuvre.

Cette idée est renforcée par le personnage de Sans Visage. Sans Visage est un être fantomatique muet qui tente de s’acheter de l’affection par le biais de présents tels que de l’or. Il reflète la concupiscence et la corruption d’une société basée sur le secteur tertiaire. Timide, Sans Visage devient progressivement une figure monstrueuse qui dévore tout sur son passage. Il tente de s’approprier une identité en adoptant la voix de ceux qu’il dévore et cherche dans l’argent un moyen de se construire lui-même et ses relations. Il ne pourra retrouver son moi originel qu’en perdant toutes ses possessions.

Miyasaki souhaite montrer que l’argent est superficiel, sinon pourri : lorsque la sorcière Yubaba tient une poignée d’or dans ses mains, celle-ci se transforme en boue.

Deuxièmement, « Le voyage de Chihiro » se trouve être une véritable apologie de l’écologie. Tout d’abord, le récit se joue au milieu de bains, où les dieux doivent venir se purger. Mais se purger de quoi ? Le passage d’un dieu putride en est la réponse. Ce dieu, pestilentiel et crasseux, se trouve être en fait une rivière polluée. Ici, la saleté et la pollution déforment et corrompent le beau, le puissant, le divin.

Ces dérives de la société moderne sont contrées par les valeurs du « vieux Japon », ici défendues par nulle autre que Chihiro elle-même. C’est elle qui nettoie le dieu putride, sauve Sans Visage et refuse son argent et finalement sauve également son ami Haku. Elle représente une jeunesse qui revient aux sources au travers d’un voyage initiaque vers l’âge adulte.

Finalement, cette œuvre retrace ce passage à l’âge adulte et la quête identitaire de cette préadolescente.

L’identité dans ce film est intimement liée avec le prénom de la personne. En effet, lorsque Chihiro se met au service de la sorcière Yubaba, celle-ci lui « dérobe » son nom est la rebaptise Sen. Haku lui-même n’arrive pas à se rappeler de son nom. Ceci implique qu’il reste sous le pouvoir de la sorcière. En effet, lorsque l’on ne sait pas qui l’on est et que l’on oublie son propre nom, on ne s’appartient plus. Si l’on traduit littéralement le titre japonais du film, il pourrait s’agir de « Sen et la disparition de Chihiro », marquant bien le changement d’identité en fonction du prénom. Posséder un nom, c’est se rappeler de ses racines. Si l’on ne se rappelle plus de son histoire, on ne peut être libre. Ceci pourrait être un message subliminal de Miyasaki à la société nipponne qui peine à réconcilier son histoire belliqueuse.

Ce voyage initiatique qu’entreprend Chihiro est parsemé de passages qu’elle doit traverser : le tunnel au début du film, la rivière, le pont du palais des bains qu’elle doit traverser en retenant sa respiration, la forêt de Zeniba qu’elle doit franchir afin de sauver son compagnon Haku ainsi que le train qu’elle doit prendre sont tous symboles d’un voyage entre mondes, entre âges. Le train qui roule sur l’eau en est le symbole le plus frappant. L’eau, symbole de vie et d’émotion porte ce train qui, nous dit-on dans le film, ne roule que dans une seule direction, analogue à l’existence humaine.

Dans ce train, on rencontre des fantômes ressemblant étrangement aux fameux « salary-men » japonais qui passent leur vie dans les transports en commun. Seuls leurs serviettes, leurs manteaux et montres restent palpables, alors que leurs corps ne sont qu’ombres transparentes. Peut-être est-ce le reflet de la foule anonyme de ces travailleurs nippons qui se fondent dans la fourmilière sociale, perdant leur vie et individualité dans la course au profit.

En conclusion, ce film est un portrait poétique de notre société contemporaine, sujette aux crises financières et réchauffements climatiques, peinant à retisser des liens avec son histoire et sa culture. Aussi, il se trouve être une belle métaphore du passage d’âge en âge de la vie et de la découverte et/ou invention de sa propre identité.

« Le voyage de Chihiro », Hayao Miyasaki, 2001

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Fébrile

La rumeur de la ville s’infiltre dans la chambre
Une nuit pleine de lumière et d’espoir insensé
Et dans le bruit des murmures et le tic tac des montres
Je n’ai plus besoin de te dire que je t’aime

Comme une danse évanescente dans un couloir vide
La douce syncope des talons ivres sur le pavé
Et mes yeux qui se vident de t’avoir tout donné
Et mes deux mains qui tremblent de ne plus te serrer

La rage d’être trop seule dans une salle bondée
Je hurle pour me soulager de ton silence
Je te hais afin d’oublier ton indifférence
Face aux pleurs que tu ne vois même plus

Les vapeurs qui s’effacent dans le noir glacial
Portent encore l’écho de mes prières
Mots offerts à la nuit, faute d’être aimée de Dieu
Il y a longtemps déjà que je me suis perdue

Que certains choix se fassent
Que certaines voies s’empruntent
Fébrile est l’amour qui jamais ne se fait
Et terrible celui qui jamais ne s’avoue

La rumeur de la ville s’infiltre dans la chambre
Une nuit pleine de lumière et d’espoir insensé
Et dans le bruit des murmures et le tic tac des montres
Je n’ai plus besoin de te dire que je t’aime

Quand le silence danse

Quand je ne ressens plus rien
Que je n’ai plus la force de me haïr moi-même
Quand le silence danse sur la douce cadence de mon air expiré
Je me laisse bercer sous ces arbres d’été
Cachés au creux d’une montagne cassée
 
Je retrouve les pierres qui m’ont coupé les pieds
Les fougères qui fouettaient mes mollets
La course jusqu’en haut pour se désaltérer
Ce ciel trop grand, trop bleu, où mes yeux se perdaient
Ta main que je trouvais lorsque je te cherchais
 
Le bout des cigarettes dans la nuit noire brillait
Et comme une luciole vibrait et s’éteignait
Nous laissant tituber sur un chemin d’étoiles
Quand saouls d’été, fiévreux, nous courrions nous jeter
Aux bras du premier fou qui disait nous aimer
 
Et si je t’avais vu sous ces grands marronniers
Si j’avais retracé ce chemin oublié
Si j’avais su alors ce que tes yeux cachaient
J’aurais gravi ces pierres, couru jusqu’à la cime
Et au lieu de pardon je t’aurai crié oui
Par delà les noyades et le souffle coupé
Je t’aurais crié oui
Encore et toujours
Oui.

Garden State – review

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“Garden state” is like a song you think is weird but deep down you know you’ll miss it when it’s gone. It is this film about a guy, Large, who just lost his mother, has to go back to his home for the funeral and face his dad/psychiatrist who put him on meds since he was 9 yrs old. During his stay, he meets up with some old friends and meets this girl, Sam, at the neurologist’s. They fall in love.

This movie really moves me because it captures a little bit of the absurdity of people and life in general. It questions what really matters and if anything has a purpose. It portrays this familiar sense of boredom and how we can’t feel alive, no matter how hard we try sometimes. Plus, I’ve had this huge crush on Natalie Portman since Star Wars (I really disliked the new ones, but she’s still gorgeous in them) and I think she’s just amazing playing the part of this quirky/sad girl who laughs just a little bit too hard for us to believe she’s really happy.

The soundtrack is great, featuring The Shins and Nick Drake to name a few artists.

My favourite scenes were the one were Sam and Large meet for the first time because it’s hi-la-ri-ous; the one where they’re in Sam’s room and talk about what makes us unique and how, maybe, it makes us less pathetic sometimes; and the one where they watch Sam ice-skating on TV. Weirdly enough, that scene reminded me a bit of Eternal Sunshine of the Spotless Mind in the way it was dreamy, dark, and featured some dancing on ice.

All in all, it’s a good movie, and, like that weird song, the more I think about it, the more I’m falling in love with it.

Best quotes:

  • “It’s like you feel homesick for a place that doesn’t even exist. (…)Maybe that’s all family really is. A group of people that miss the same imaginary place.”
  • “If you can’t laugh at yourself, life is going to seem a whole lot longer than you’d like.”
  • “That’s life. If nothing else, It’s life. It’s real, and sometimes it fuckin’ hurts, but it’s sort of all we have.”

 

The fault in our stars – review

“The fault in our stars” is a book written by John Green about two teenagers in love who both suffer from cancer.

I really enjoyed this book because it mostly did not fall into cheesiness as one could expect from such a story, and offered a perspective on life and relationships that was really interesting. There were some thoughts and quotes that really struck me in this book and made me rethink myself and my relationships in general. It enlightened me about cancer and offered me the perspective of someone who suffers from it without falling into a self-pitying pattern. Thoughts on death, grief and love were particularly delicate and accurate. This meditation on how to deal with weakness, illness and death as well as addressing vulnerability in relationships was in my opinion the strongest asset of the novel.

However, I believe that some passages were weak, such as the whole trip in Amsterdam the lovers undertake, which I think did not bring much to the story, except for giving young teenagers the pleasure of reading about other teenagers’ passionate romances. This was in my opinion the weakest (and cheesiest) part of the book. It was generally speaking well written, although some situations and words felt a bit unnatural at times.

I would recommend this book to anyone who is interested in romance, and how to address vulnerability and grief in our relationships.

Best quotes: “My thoughts are stars I cannot fathom into constellations.”; “Some infinities are bigger than other infinities.”; “The marks humans leave are too often scars.”; “Love is keeping the promise anyway.”

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